Hola! On est Élise et Poulet, de Barrios Latinos, et on te partage tous les mois nos dernières découvertes autour des musiques d'Amérique latine ! Aujourd'hui, on te présente Sofy, DJ boliviano espagnole.
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Au programme aujourd'hui…
Une playlist éclectique partagée par notre invitée du jour,
Un portrait de Rara Ma Rabbia, DJ et co-fondatrice de Misantropical,
Des événements à partager avec nous à Barcelone, Montpellier, Marseille et Paris,
La carte Google collaborative avec nos lieux préférés,
Une petite surprise de notre chère Elise, depuis son bateau pour l’Amérique latine !
Pour mettre un peu de musique le temps de lire cette news, voici la playlist des inspirations de Rara Ma Rabbia 👉 disponible ici 👈.
Chère Bárbara,
C'est la première fois qu'une artiste nous contacte pour collaborer, depuis 3 ans que ce projet a vu le jour. Les retours de celles et ceux qui nous lisent nous motivent toujours mais quand la cofondatrice d'un collectif comme Misantropical nous contacte, c’est une petite victoire qui nous pousse un peu plus.
Comme DJ et promotrice d'événements, avec Misantropical ou LOOOM, ton travail nous inspire par cette volonté de questionner, de dépasser les stéréotypes, de valoriser les identités, les créativités, et de donner de la visibilité à des profils qui sortent des sentiers battus.
Tu m’as beaucoup appris. Me rappelant la réalité migrante qui, bien qu’ancrée dans sa terre d’accueil, oblige toujours à se battre pour rester. Ton témoignage apporte un point de vue sensible sur la colonisation et l'appropriation culturelle du “récit latino”.
La proposition que tu apportes avec Sofía et l'ensemble du collectif Misantropical est très fructueuse dans le contexte du boom du Latin club qui a lieu actuellement en Europe. Elle démontre le terrain fertile que des artistes comme vous ont créé pour enrichir ce récit latino-américain, depuis l'Europe et pour amener cette maudite "latinité" vers de nouveaux axes de pensée.
Merci pour ton temps et ta patience, malgré des conditions techniques plutôt chaotiques je dois admettre… (c'est la première fois que j'enregistre seul et bon... j'ai encore à apprendre).
À très vite j’espère,,
Pollo
Avant de te présenter un peu plus cette DJ surprenante…
Qué pasa dans les barrios latinos de Paris, Montpellier, Marseille et Barcelone ?
Montpellier
12 Janvier : Le groupe montpellierain Baila Teresa t’emporte dans un bal populaire latino pour contrer le froid de l'hiver : Salsa, Cumbia, Son, Plena et bonne humeur ! 📆 Gratuit
Supplément after avec Montstart Crew et Tiño jusqu'à 5h à l'Antirouille ! 📆 10€
27 Janvier : L'orchestre associatif de cumbia colombienne Cumbiabamba prends d'assaut le Delirium à partir de 21h pour une soirée sabrosa sous le signe du groove ! 📆 Gratis
Supplément boum boum : la boum d’Xstrellxx au bar queer Madrediosa jusqu'à 00h du mat pour celleux qui voudraient terminer la soirée perreandooo⚡📆 Gratis
Marseille
12 Janvier : Casa Tropicale, la nouvelle soirée afro-latino du Makeda par le collectif Mobylette Sound System. Chorale, Roda de Samba et djs sets pour cette première : à vos déhanchés pour ce mélange de Sud, de sueur et de mer. 📆 Prévente : 8€
20 Janvier : Une milonga queer ? Tango Queer le réalise avec sa soirée Soñar y Mucho Mas pour une milonga attentive et loin du patriarcat. 📆 Tarif 6€
Paris
26 janvier : tu as rendez-vous à la Cité Fertile avec Misantropical ! Rara Ma Rabbia et Choupetik inaugurent 2024 avec une nuit de Neoperreo 📆 GRATUIT
23 février : double dose de Misantropical dans cette newsletter avec la prochaine date du collectif, première grosse soirée de l'année : MISANTROPICAL #4. Et ils viennent avec un invité 5⭐️... Sofy Suars et un line-up surprise à annoncer 👀 à Le Chinois (Montreuil) 📆 TBA
Barcelone
14 janvier : Sudar, nous fait oublier la déprime dominicale avec un après-midi au profit de la Palestine à Sala Upload ! 📆 Donation à partir de 10€.
21 janvier : Ce mois de janvier, nous sommes d’humeur diurne, à la recherche de lumière et de chaleur. La Fiesta Wacha continue de nous enchanter en investissant La Nau avec un autre format de DJ Sets, et liveshow 📆 10€ early bird.
Si on t’a transféré·e ce mail et que tu souhaites en découvrir plus sur les cultures latino-américaines, inscris-toi ici !
Bárbara aka Rara Ma Rabbia est une DJ mexicaine, organisatrice d'événements et créatrice indépendante. Après quelques voyages en Europe et pendant ses études, elle décide de concrétiser la connexion qu'elle entretient depuis des années avec la France.
Intéressée par le cinéma, la musique et les arts de la scène, elle choisit naturellement le Master "Gestion culturelle des arts de la scène" à Paris. Après quelques mois de doute (COVID oblige), elle prend son envol et commence cette nouvelle aventure en 2020.
Son arrivée ne correspond pas vraiment à l'image que l'on se fait d’un échange à Paris... En pleine pandémie, tous les lieux culturels sont fermés. Bárbara vit dans la Cité Universitaire avec d’autres étudiant.es Mexicain.es et internationaux.
En 2021, la pression de son master et les conditions difficiles d’études (cours en visio, impossibilité de sortir...) la font douter de sa décision de vivre à Paris. Elle connaît un premier épisode de burn-out. Elle demande un signe...
Un jour, avec une amie, elle décide de passer une journée au Café Flore où son idole Patti Smith a l'habitude de se rendre, dans l'espoir de la rencontrer. Ce jour-là, la marraine du punk est là et Bárbara peut lui parler. Malgré les hauts et les bas depuis son arrivée, la magie de Paris semble l'appeler.
La culture et la musique comme points d'ancrage
Loin de chez elle, Bárbara peut compter sur ses ami.es de l'université, sur les événements traditionnels mexicains et sur sa playlist (tu sais, ces chansons t’écoute que quand tu es loin de chez toi ?) pour lui rappeler le Mexique. Ils sont sa madeleine de Proust et la relient à ses racines.
En 2021, la ville sort de son hibernation forcée et Bárbara plonge dans la vie nocturne et culturelle parisienne avec son "rayon de soleil" Sofía. Elle y rencontre d'autres étudiant.es étranger.es, y découvre la scène reggaeton et les clubs de musique électronique... Enfin, elle trouve son équilibre et se réjouit de son choix de vie.
La fête parisienne plante une petite graine dans la tête de Bárbara. Elle sort, écoute de nouveaux morceaux, rencontre des DJs... et d'un seul coup... "Je serai DJ !” Grâce à sa "DJ Mom", Risa Rara, Bárbara commence à expérimenter sur des logiciels, sans contrôleur, avec sa souris et en regardant des tutoriels sur Youtube. Ce projet spontané prend forme petit à petit.
Fin 2022, avec Sofia, elles décident de monter leur première soirée. Ce sera une soirée "pilote" à Ménilmontant avec des ami.es, où Rara Ma Rabbia joue pour la première fois. La soirée suivante au Chinois (Montreuil) le confirme, Misantropical est né.
Misantropical : décoloniser le récit “latino”
En réalité, Misantropical est né bien avant... En 2021 déjà, Sofia et Bárbara réfléchissent et analysent l’environnement dans lequel elles sortent danser. Ça ne va pas. Être exotisées pour être "latinas" (😒), être sexualisées pour danser le reggaeton, écouter des DJs masculins français jouer "leur" musique... La "colonisation" du reggaeton fatigue le duo.
Qu'entend-on par "colonisation du reggaeton" ? Entre nous, pas besoin de refaire l'histoire du genre. Ces artistes européens en revanche, eux-mêmes qui profitent de la hype de la musique latino-américaine, feraient bien de s’y pencher !
Une partie de la scène reggaeton a perdu sa dimension revendicative et a été "commercialisée" par les labels américains qui ont créé cet imaginaire de la "latinité chaude et sensuelle". Cette démocratisation a associé le reggaeton à la vision hétéronormative de la fête : celle pour flirter, où un gars ne peut pas entrer sans une meuf, par exemple.
En réaction, d’autres artistes ont proposé un reggaeton alternatif, plus sombre, parfois plus électronique. Les femmes aussi ont voulu avoir voix au chapitre et répondre au machisme ambiant. C'est ainsi qu'est né le neoperreo.
Misantropical, dont le nom en dit déjà long, se fait porte-parole de cette scène alternative. Leur but : se réapproprier cette musique, lutter contre l'exotisation et la marchandisation de cette satanée "latinité". Le collectif offre un espace à un public queer, migrant et principalement féminin pour "danser et oublier nos problèmes" dans un lieu où elles se reconnaissent vraiment et se sentent libres.
Bárbara, dans ses sets comme dans les événements qu'elle organise, donne de la place aux femmes et cherche à se réapproprier le “récit latinoaméricain”. Dans ses sets, tu trouveras de tout : reggaeton, neoperreo, "perreo de l’inframonde"... Rara Ma Rabbia n'oublie pas ses racines et intègre de la cumbia mexicaine et les chansons qui lui manquent de son pays, pour créer une atmosphère dansante avec une touche de "mélancolie migratoire".
Tu comprends pourquoi Bárbara nous a contactés après l'interview de Sofy Suars ? 😏
Danser, c'est résister
Misantropical se définit par sa dimension politique, et va au-delà de la fête. Bárbara et Sofia organisent des talks pour questionner leur culture et partager leurs points de vue, en approfondissant cette réflexion sur le récit latino-américain. "Du reggaeton au neoperreo", "Reggaeton et féminisme" ont été les deux premiers événements "académiques"... Ces thèmes artistiques rendent tangibles les stéréotypes et "éduquent" en quelque sorte le public.
Entre les événements axés sur la communauté et les espaces de réflexion ouverts lors des talks, Misantropical apporte une proposition politique très positive de ce que devrait être un collectif de musique latino-américaine en Europe. Tout le monde est le ou la bienvenu.e, tant que les règles et normes sont respectées : l'ouverture d'esprit et le respect d'une culture qui n’est pas la tienne, qui a beaucoup à t’apporter si tu enlèves tes lunettes eurocentrées.
Importer Misantropical au Mexique ?
J'ai demandé à Bárbara si Misantropical pouvait exister outre Atlantique. Et bien non.
D'abord parce que le collectif, c'est Bárbara et Sofia, et toutes leurs amies, installées à Paris.
Ensuite, parce que Misantropical est lié à l'expérience de la migration. S'ancrer dans un autre pays, prendre de la place, partager sa culture d'une manière plus authentique… Sans prétendre éduquer, au moins pour donner un aperçu de sa culture sans le filtre des pays du Nord. Misantropical est un lieu où migrant.es et dissident.es peuvent se sentir chez elleux. C'est une façon d’alimenter la culture latinoaméricaine de nouvelles perspectives. Au Mexique, le collectif perdrait cette dimension fondamentale.
Le boom des clubs latinos arrive en Europe et a besoin de collectifs comme Misantropical pour écrire l'histoire de l'Amérique latine depuis l'Europe. La scène arrive à maturité grâce à elles, à Fiesta Frikitona, Sudar et de nombreux autres collectifs... Il ne s'agit pas de concurrence.Même si ces groupes ont beaucoup en commun, chacun a sa propre identité, sa propre histoire et est prêt à écrire l'histoire du Latin Club.
Que peut-on attendre de Rara Ma Rabbia dans les mois à venir ? Beaucoup de choses ! Une soirée à la Cité Fertile le 26 janvier 😏 et la première grande soirée produite par le collectif au Chinois le 23 février avec une artiste que nous connaissons bien et adorons 👀... Sofy Suars !
Nous souhaitons à Rara Ma Rabbia de continuer son chemin artistique et de promotrice d'événements avec succès et nous suivrons ses futurs projets de très près sur son Instagram et celui de Misantropical....
Chez Barrios on adore voyager. On est tous·tes passé·es par l’Amérique Centrale et du Sud, et on vit entre Barcelone, Marseille, Montpellier et Paris. Au fil du temps, on a créé une carte de nos lieux préférés pour écouter du son, boire des coups, manger un bout… Tu peux trouver toutes nos adresses en cliquant sur l’image ci-dessous !
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